Tuesday, 25 June 2013

24th June 2013 - Nos Rêves



File:Le Sueur, Eustache - Songe de saint Bruno - 1645-1648.png
Source: Wikimedia Commons

A quoi sert-il de suivre nos rêves, alors que le monde entier se met à réaliser la même chose ? En fait, je m’avance trop vite ; il faut commencer par se demander « qu’est-ce que c’est, d’avoir un rêve ? » 

C’est une idée floue, difficile à préciser ; commençons avec l’affirmation qu’un rêve est l’état idéal futur de sa vie, l’état où tout a été réalisé et où il ne reste rien à accomplir. On peut imaginer qu’un tel état serait marqué par un bonheur, un sens d’utopie. Bien évidemment, il n’est probablement pas possible d’atteindre un nirvana pareil, mais il faut créer des rêves si grands qu’on ne les perd pas de vue lorsqu’on on les poursuit (d’après Wilde).

Alors, ayant parlé de ce que c’est de réaliser un rêve, parlons du processus de la création d’un rêve. Sachant qu’un rêve réalisé suggère un bonheur parfait, il faut se demander, quelles seraient-elles, les conditions qui créeraient un bonheur parfait ? Pour certains, l’idée d’avoir une famille provoque une image de joie ; pour autres, c’est une carrière réussite, ou l’obtention de l’argent, ou le pouvoir, ou le respect. Mais, pour la plupart, les rêves ne semblent pas forcément clairs ou bien définis.


Pourquoi les rêves, sont-ils parfois difficile à voir et à comprendre clairement ? Il y a plusieurs raisons quant à pourquoi les rêves puissent être obscurcis : de nos jours les enfants sont exposés, plus que jamais, à une gamme de choix qui auraient été inimaginable pour les générations précédentes. Il y a cent, ou même cinquante ans, les choix disponibles pour l’individu qui souhaitait poursuivre une vie différente à celle de ses parents étaient forcément limités : soit par le coût, soit par l’inexistence. Maintenant, un enfant qui s’approche au seuil de l’âge adulte, peuvent profiter de milliers d’options : il peut s’envoler pour habiter à l’étranger, il peut gagner sa vie en poursuivant un art, il peut voyager autour du monde ou poursuivre des études professionnelles (la pullulation de carrières professionnelles qui sont ouverts à notre génération mériterait, toute seule, un essai entier) : il est vrai que la plupart de ces options étaient disponibles pour les enfants du siècle précédent, mais il doit être reconnu que elles n’étaient poursuivies que par les classes les plus privilégiées de la société.

Deuxièmement, il y a souvent (ou peut-être seulement parfois) un conflit entre les parents, qui cherchent créer pour leur progéniture une vie stable, sûre et protégée des caprices; et les enfants, qui souhaitent vivre la vie à son potentiel maximum, sans compromettre ni rater une seule expérience. Ceci n’est que naturel : le désir de protéger ses enfants des maux auxquels on a été subi est, selon moi, une réaction compréhensible des parents qui désirent que leurs enfants aient une meilleure vie qu’ils ont eue. De l’autre part, il est aussi entièrement naturel que les enfants souhaitent s’enfuir de la sécurité du nid, et goûter tout que le monde peut leur offrir.

Enfin, l’inondation quotidienne de publicités, les ragots sur les stars, et la promulgation de la « vie idéale » par le média ne sert qu’à confondre les gens, à obscurcir leurs pensées et leurs désirs réels. Comment peut-on penser à ce que l’on désire vraiment, lorsque le média nous force à accepter sa conception d’une vie réussite (une vie réussite est, selon lui, remplie d’hommes musclés, belles femmes, et la consommation copieuse des produits de marque).

Sans énumérer plus loin, les raisons mentionnées ci-dessous constituent une trinité puissante qui nous empêche de consulter nos cœurs pour comprendre ce que nous désirons, au fond même de notre être. Tout simplement, il existe trois raisons importante qui provoquent la crise moderne : une explosion de choix, un désir de plaire à nos parents, et une conception peu réaliste promulguée par le média.
Alors, ayant énuméré ces idées, comment peut-on s’affronter à elles ?

Contre la pullulation de choix, il faut se demander la question, « qu’est-ce qui me rend le plus heureux ? » Cette question semble un peu floue, mais la nature des rêves est telle ; néanmoins, je crois que la plupart du monde ont une idée ; plus ou moins formée, des activités qui leur offrent un bonheur viable. Pour ceux qui n’ont qu’une réponse imprécise à cette question, il suffit de fermer les yeux et tenter d’imaginer un état d’existence qui leur plaît. Si ce pli ne marche pas comme il se doit, il ne faut pas s’affoler : vivez de nouvelles expériences, goûtez des choses que vous n’avez jamais goûtées auparavant, tout cela ayant comme but la conception de vos rêves. Si cela ne marche, vous aurez, au moins, des bonnes histoires à raconter !

Quant aux désirs des parents, vous avez deux choix : faites ce qu’ils veulent, en espérant que la poursuite de leurs rêves (au lieu des vôtres) : (a) vous rendra heureux ; ou (b) finira par la compréhension que vos parents comprenaient mieux que vous ce qui vivaient au fond de votre âme : que vos parents comprennent vos rêves mieux que vous. Le deuxième qui se présente à vous, c’est de prononcer un « non » fort et clair aux vœux de vos parents, et chasser votre propre but. Ce choix risque de vous aliéner de vos parents, et un échec possible ; pourtant, vous pourrez dire que vous avez, au moins, essayé de réaliser vos propres rêves. Les cicatrices que vous accumulerez vous vacciner contre les caprices que nous présente la vie de temps en temps.

Enfin, le déluge du média : les campagnes que l’on voit tous les jours sont conçues afin de nous convaincre que la vie n’est pas complète sans leurs offres. Ceux qui les créent sont intelligents, et savent plaire les émotions humaines ; la seule manière d’éviter cette pluie accablante d’offres est de fermer les yeux : regarder le minimum de télévision, ne plus lire les magazines qui sont pleins à craquer avec les campagnes de ventes, et cetera. 

Ayant suivi les pas soulignés ci-dessous, vous aurez éclairci (même si seulement un petit peu) vos esprits, et vous serez prêts à vous mettre à comprendre les conditions qui créeraient, pour vous, une semblance du bonheur parfait.

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